Appui à la Gestion intégrée des ressources en eau dans la vallée de l'Assif El-Had - TADRART (Maroc)
Objectif du projet
Mettre en place un cadre de Gouvernance de la gestion de l’eau pour permettre un accès durable, équitable, partagé entre les usages et adossé à des procédures de gestion responsable.
A partir d’un territoire hydrographique pertinent, mobiliser de nouvelles ressources en eaux souterraines d’origine karstique, condition essentielle pour soutenir le développement local à partir d’une économie alternative et résiliente (économie sociale et solidaire, développement du tourisme durable, valorisation du patrimoine…).
Partager ces défis avec les acteurs franco-marocains de la Coopération Décentralisée.
En vue d’une 2ème phase, identifier les projets structurants permettant de réaliser les équipements d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, par effet de levier à partir du présent dossier.
Localisation
Le projet « Appui à la Gestion intégrée des ressources en eau dans la vallée de l’Assif El-Had » (AGIRE Tadrart-Maroc), est localisé sur le versant Sud du Haut Atlas occidental au Maroc, dans la Commune territoriale de TADRART relevant de la Province d’Agadir, dans la Région de Souss-Massa.
Le projet est situé dans un territoire rural, sur la partie montagnarde de la Province d’Agadir. Il est positionné sur le versant Sud du Haut Atlas occidental à 110 km de la ville d’Agadir (Chef-lieu provincial) et à 3 km du Centre Chef-lieu de la Commune de TADRART. Avec deux routes goudronnées (RP1001 sur la côte atlantique et la RP1002 via Imouzzer Ida Outanane), le site est à 2 heures de route à partir de la ville d’Agadir et à 15 minutes à partir du Centre Chef-lieu de la commune. On peut y accéder aussi à partir de l’autoroute reliant Agadir à Marrakech.
Le contexte socio-démographique de la commune de TADRART regroupe une population de 4.530 habitants selon le recensement général de la population et de l’habitat.
Le site concerné par le projet est localisé sur l’amont d’une vallée étroite chapotée par une grotte origine d’importantes ressources en eau. Cette eau est drainée vers les habitations et les terrasses accrochées, aux abords de la vallée, pour l’utilisation domestique et l’irrigation. La configuration spatiale des habitations s’organise sous forme de sous-douars (groupement de maisons) alignés au long de la vallée.
Le projet
Le projet AGIRE-TADRART, se présente comme une réponse à un besoin en termes d’adduction de l’eau potable vers les douars, mais aussi de l’eau d’irrigation, dans une vallée dynamique et motrice à partir d’une économie rurale locale.
La Commune de TADRART s’efforce depuis plusieurs années de raccorder les douars marginaux en eau potable, notamment les localités de la vallée d’Assif El-Had, et qui offre à la fois un cadre de vie agricole rural et aussi un site d’intérêt touristique.
Le site du projet, en zone karstique, se caractérise par la présence d’un potentiel important de ressources souterraines issues d’une grotte en amont de la vallée et par les eaux drainées vers l’ensemble du bassin versant (le débit d’exhaure du puits creusé est de 7l/s).
Ainsi, valoriser au mieux ce potentiel nécessite un cadre stratégique adapté et une démarche intégrée et participative pour répondre aux multiples besoins, qui peuvent devenir concurrentiels : besoins en eau potable (raccordement de l’eau) et les activités agricoles (réhabilitation des terrasses agricoles) et para-agricoles notamment touristique (développements d’un tourisme écologique et solidaire).
Diagnostic de la situation existante dans la Commune territoriale de Tadrart
Sur le plan technique :
- La zone est accidentée, et accrochée sur des versants montagneux calcaires,
- Les pentes sont fortes et accélèrent l’effet érosif,
- La pente, donc la mise en pression gravitaire, peut être un atout pour les réseaux d’eau potable et d’assainissement,
- L'absence locale de compétences technique et financière.
Sur le plan social :
- Les conflits d’intérêts / tentation autour de la gestion et l’utilisation de l’eau impactent fortement le paysage social, compte tenu de la rareté des ressources et des terres,
- Le consensus social autour de la gestion de l’eau prend racine dans des conflits d’intérêts historiques inter-villages et entre les grandes et petites familles,
- La gestion collective et participative des ressources en eau impose des actions de sensibilisation car pour les habitants il s’agit à la fois d’une appropriation locale et d’une priorité locale.
Sur le plan institutionnel :
- Aucune contrainte institutionnelle. Au contraire les différents services et institutions locales, régionales et nationales tentent de trouver des solutions et des démarches pour une gestion rationnelle des ressources en eau dans ces localités.
- La Commune, en tant que gestionnaire territorial, considère que les questions de l’eau sont ses priorités. Elle traduit cette exigence notamment dans le cadre de son Plan d’Action Communal (PAM).
L’état des infrastructures existantes en eau potable :
La zone du projet a connu depuis longtemps un système de gestion collective des eaux superficielles. L’eau est utilisée pour l’irrigation des terrasses agricoles, mais aussi pour des besoins domestiques et l’abreuvement des cheptels.
Or, ce système de gestion, basé sur la durée d’utilisation, a souvent connu des moments de crises à la suite des sécheresses récurrentes. Ainsi les débits ont baissé pendant que les besoins en eau domestique et pour l’irrigation étaient en hausse. La grotte en amont assure la continuité des ressources en eau et devient la seule source d’eau pour l’ensemble des douars. Cela impacte également la vie des écoliers qui doivent aller chercher de l’eau au bas fond de l’oued !
Cette situation a été à l’origine de conflits autour de l’utilisation des eaux de l’Oued. La création d’une Association de développement locale et de gestion des eaux d’irrigation a pu suivre quelques actions menées par les Services du Ministère de l’Agriculture notamment la restauration des canaux et le suivi des périodes de l’irrigation.
Actuellement les habitants, via l’association locale, incitent la commune à mettre en œuvre le raccordement des maisons à l’eau potable.
Ainsi, et progressivement certaines infrastructures ont été créées à partir des projets de développement agricole (PMH), de la Commune de TADRART et aussi par des initiatives des habitants. Ces infrastructures se résument comme suit :
- Des canaux restaurés d’adduction de l’eau d’irrigation,
- Des canaux traditionnels,
- Des puits en amont de la vallée (85 m de profondeur et un débit de 7l/s),
- Des petits aménagements d’accessibilité vers la source d’eau à la sortie de la grotte.
Le taux actuel d’accès à l’eau potable :
- L’accès à l’eau se fait de manière traditionnelle par l’adduction de l’eau à partir des canaux d’irrigation,
- Quelques maisons sont équipées de citerne enterrée (Mtfia), remplies d’eau à partir des canaux (par le biais de camion-citerne de la Commune),
- Les maisons ne sont pas raccordées.
L’assainissement:
L’assainissement liquide se fait par le bief de fosses septiques.
NB: La nature dispersée des habitations s’orientera en termes d’assainissement écologique, vers des solutions du type assainissement autonome / ou regroupé. Des exigences pour la maitrise qualitative des rejets seront prescrites (cf. Karst).
BILAN GLOBAL :
Le taux actuel d’accès à l’eau potable dans la commune de TARDRART ne dépasse pas 40%. En effet sur 26 douars de la zone seulement 10 localités ont une source d’approvisionnement en eau potable. En revanche les 16 localités restantes n’ont aucune source d’approvisionnement en eau.
Face à cette situation les habitants et pratiquement les femmes et les petits enfants, sont obligés de se déplacer vers les sources et les puits d’eau opérationnels pour avoir de l’eau. Les femmes opèrent au moins deux à trois déplacements par jour, ces déplacements se faisant à l’aide des ânes.
Il est notable aussi qu’aucun système de raccordement en eau potable n’est disponible, la zone se caractérisant par une absence quasi-totale des réseaux de canalisation. Le président de TADRART a sollicité l’appui de la SRM-CS pour renforcer l’accès à l’eau potable de certains douars de la commune.
L’assainissement est limité partiellement sur le secteur à des fosses septiques.
Le développement harmonieux de la ressource en eau pour plusieurs usages, nécessite la mise en place d’un Gouvernance et des actions de formation et de sensibilisations des usagers.
Description du contexte institutionnel
La Gouvernance de l’Eau au Maroc profite de la présence d’un cadre législatif solide et de grande envergure. Il s’agit de Loi 10-95 relatif à l’eau et sa gestion au Maroc.
Cette Loi sur l’eau constitue la base légale de la politique de l’eau du pays et se fixe, en conséquence, les objectifs suivants :
- Une planification cohérente et souple de l'utilisation des ressources en eau, tant à l'échelon du bassin hydraulique qu'à l'échelon national - rôle de la SRM-CS (Société Régionale Multiservices)
- Une mobilisation optimale et une gestion rationnelle de toutes les ressources en eau, en tenant compte des ordres de priorité fixés par le plan national de l'eau ;
- Une gestion des ressources en eau dans le cadre d'une unité géographique, le bassin hydraulique, qui constitue une innovation importante permettant de concevoir et de mettre en œuvre une gestion décentralisée de l'eau. En effet, le bassin hydraulique constitue l'espace géographique naturel le mieux adapté pour appréhender et résoudre les problèmes de gestion des ressources en eau, ainsi que pour réaliser une solidarité régionale effective entre les usagers concernés par une ressource en eau commune ;
- Une protection et une conservation quantitative et qualitative du domaine public hydraulique dans son ensemble.
Ce cadre institutionnel prévoit donc une gestion cohérente, rationnelle et intégrée des ressources en eau selon une démarche participative et durable. Cette vision a été renforcée par la création des Agences des bassins hydrauliques, organes de gestion et de gouvernance décentralisés de l’eau Maroc.
La Loi 36-15 sur l’Eau s’inscrit par ailleurs en droite ligne avec la Loi cadre 99-12 portant Charte Nationale de l’Environnement et du Développement Durable, qui a au premier abord prévu l’actualisation de la législation sur l’eau dans le but de l’adapter aux exigences du Développement Durable et aux effets conjugués de la désertification et du changement climatique.
La réflexion stratégique pour le Plan GIRE que nous envisageons pour réduire les vulnérabilités s’inscrira dans les objectifs du Programme National de l’Eau 2050.
Par ailleurs dans une nouvelle perspective visant la résolution de la problématique du manque d’eau surtout dans les zones arides, le gouvernement marocain à travers la Stratégie Nationale de l’Eau du Maroc, le Plan National de Lutte contre le Réchauffement Climatique et le Plan National de Lutte contre les Inondations a placé la collecte des eaux pluviales comme une des priorités de mobilisation des ressources en eau non conventionnelles au niveau national, notamment dans les bassins déficitaires du pays (Tensift, Oum Er-Rbiaâ, Bou-Regreg, , Souss-Massa, Ziz-Ghriss etc.).
Le Plan d’Action National pour la Collecte des Eaux Pluviales concerne la période comprise entre 2008 et 2030 ; Il correspondant à la durée de la Stratégie Nationale de l’Eau.
Les principaux impacts attendus du Plan National de Collecte des Eaux Pluviales sont :
- Valorisation des eaux pluviales,
- Garantie d'une ressource d'approvisionnement en eau alternative, notamment en périodes de sécheresse,
- Economie de l'eau conventionnelle,
- Lutte contre la pauvreté et la revitalisation de l’économie locale notamment dans les zones de montagne,
- Préservation des sols contre l'érosion et l’aménagement des bassins versants.
Diagnostic de la situation Marocaine, partagée en Occitanie
Dans le contexte actuel de sécheresse croissante l’approvisionnement en eau en Occitanie impose le recours à différentes alternatives en matière de types de ressources à la fois celles traditionnelles et celles dites non- conventionnelles. Les eaux souterraines représentent l’un des points clés de l’approvisionnement en eau des collectivités locales de notre région Occitanie.
Un défi particulier est celui de la mobilisation des eaux souterraines d’origine karstique, qui nécessite des compétences particulières et de lourds programmes d’investigation pour permettre une meilleure connaissance et pour pouvoir dicter les règles de gestion de ces aquifères souterraines forts complexes.
Cette question est au cœur des préoccupations du territoire des départements des Pyrénées Orientales, de l’Aude avec notamment l’application sur le karst des Corbières.
Les expertises du BRGM et l’appui de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranéen Corse renforcent les investigations et la mobilisation des financements afin de renforcer ce potentiel de nouvelle ressource en eau. Du côté marocain, l’expertise des Universités sera aussi mobilisée, compte-tenu de leurs implications dans des programmes de niveau régional et national, avec des déclinaisons forts utiles pour le projet TADRART.
Le projet mené sur TADRART au Maroc recoupe l’objectif local « Ressource en EAU » identifié en Occitanie par les collectivités locales Françaises. Il préfigure de fait des échanges conjoints, partagés et réciproques sur le sujet des eaux souterraines d’origine karstique.
Objectifs et Plan d'action
Objectif 1 :
- Action 1 : Réunions de mobilisation des acteurs Municipaux et Institutionnels (ABH-SM, Province d’Agadir Ida-Outanane, SRM-CS (Société Régionale Multiservices), ANDZOA, Service de l’eau et d’équipement, DRE, DPA, etc.).
- Action 2 : Élaboration d’une étude de diagnostic approfondie (ressources, usages, pressions) délimitation de la zone d’intervention.
- Action 3 : Réunion de lancement de l’initiative du Plan de Gestion en coordination avec l’Agence du Bassin Hydraulique Souss-Massa et la Région Souss Massa.
Objectif 2 :
- Action 4 : L’approfondissement du domaine des eaux souterraines en termes de solution pour la ressource en eau. Mission Scientifique de terrain –
Octobre 2025 - Action 5 : Eau Potable localement : Distribution de la ressource en eau potable.
Objectif 3 :
- Action 7 : Animation du dialogue multi acteurs, identification d’une vision commune du futur, instauration d’une gouvernance participative des ressources en eau.
- Action 8 : Élaboration d’une Charte de Gestion participative et durable des ressources en eau.
- Action 9 : Création du Comité de Pilotage (COPIL) pour le bassin versant identifié.
- Action 10 : Animation des ateliers de formation en gestion participative et durable de l’eau.
- Action 11 : Animation des ateliers de sensibilisation à l’importance de la protection des ressources en eau.
Objectif 4 :
- Action 12 : Élaboration d’un diagnostic participatif de la demande et des enjeux de l’usage de l’eau.
- Action 13 : Atelier d’échanger sur les idées et les expériences pour identifier des solutions potentielles à l’usage de l’eau agricole.
- Action 14 : Prospection auprès des organismes de financements engagés dans le soutien de l’agriculture durable à partir de la composante « EAU ».
Objectif 5 :
- Action 15 : Évaluation du Processus ayant conduit à initier et monter le Projet de Coopération Décentralisée.
- Action 16 : Évaluation de la mise en application et de la réalisation concrète du Projet.
Actions de sensibilisation
Action de sensibilisation prévues en Région Occitanie – partenaire français qui soutient le présent projet de coopération franco-marocaine :
- Conduire des parcours pédagogiques auprès des enfants des écoles de la collectivité française (Mireval).
- Porter à la connaissance des enfants la cause de l’eau et les difficultés pour la mobiliser et la préserver.
- Exposer les difficultés rencontrées par la population de la communauté marocaine et notamment leurs enfants.
- Valoriser le projet TADRART dans le Réseau Occitanie Coopération.
Action de sensibilisation prévues sur la Commune de TADRART :
- Présenter les meilleures conditions de vie et d’épanouissement local apportées par un meilleur accès à l’eau potable.
- Renforcer la responsabilisation de la gestion de l’eau, économie notamment.
- Rappeler les risques sanitaires et les mesures d’hygiène.
- Porter à la connaissance des enfants la cause de l’eau et les difficultés pour la mobiliser et la préserver.
Actions de communication
La démarche de communication doit rendre compte de la mobilisation des acteurs dans ce projet.
Il s’agira tout d’abord de partager les objectifs du projet. Cette première orientation se mettra en application sous l’autorité de la commune de TADRART à partir d’une réunion publique, qui pourra se dérouler au niveau de chacun des douars.
Un document d’information sera présenté et commenté à cette occasion.
Le référencement à l’appui financier et stratégique de la Région Occitanie, sera mis en exergue lors des manifestations publiques, ainsi que sur les documents réalisés à cet effet.
Autres événements :
- Les Ateliers participatifs feront l’objet de reportages photos.
- Il s’agira aussi de mobiliser les jeunes à partir du Conseil Communal, qui pourront avoir une mission de suivi des projets et de transcription visuelle adaptées dans les écoles.
- Une « Newsletter » sera rédigée et partagée sur les activités du projet.
- Le principe d’établir une « Charte » à l’échelle globale du projet sera proposé aux autorités Provinciales.
- L’Association « La Goutte d’Ô » référencera le projet sur son site Web.
- Les Experts français pourront valoriser leurs activités menées avec leurs collègues marocains, à partir de programmes d’actions, de communications internationales, de conférences.
- Un mini film qui illustre les réalisations du projet sera réalisé puis diffusé dans les réseaux des collectivités et sur le site de l’association « La Goutte d’Ô »,
- Une restitution globale du projet sera mise en application au niveau des collectivités marocaines et françaises, engagées dans le projet,
- Restitution du projet TADRART dans le Réseau Occitanie Coopération.
Calendrier
L'équipe, moyens et compétences mises au service du projet.
PILOTAGE GLOBAL DU PROJET :

Serge MIQUEL
Président de l’Association « La Goutte d’Ô »
CORRESPONDANT LOCAL
Lahcen ICHOU
Consultant en développement durable
AUTRES INTERVENANTS
André FONDA
Expert Ingénierie Eau Potable et Assainissement
Par effet de levier, le présent projet s’attache à définir le montage organisationnel et institutionnel du programme pour la phase ultérieure, qui se décline de façon opérationnelle et concrète.
Le diagnostic territorial établi, les entretiens et échanges avec les partenaires locaux, les enjeux collégialement partagés, nous permette de proposer un montage organisationnel et institutionnel du projet concret qui identifie :
➢ Territoire pertinent d’implémentation du Projet
➢ Maitrise d’Ouvrage
➢ Gouvernance du Projet
➢ Actions concrètes à engager : eau, agriculture, économie sociale ➢ Exploitation des ouvrages, assistance technique
➢ Plan de financement

